CHU : les syndicats ne décolèrent pas ! 0
Publié le jeudi 20 mai 2010 par : Tribune
Catégories : société
SANTE // Rien ne semble pouvoir
apaiser la grogne des syndicats
du CHU de tours, qui réclament
toujours plus de moyens et
de personnel soignant. …
Depuis le mois janvier, le CHU
connaît une suite de grèves à
répétition. Les premiers
débrayages ont d’abord touché le
service de dialyse de Bretonneau, qui
entendait protester contre l’instauration
d’une nuit d’astreinte du dimanche
au lundi. Très vite, le service de
pédiatrie de Clocheville, et plus récemment
par le service de néphrologie, ont
rejoint le mouvement. En cause, le
manque de personnel soignant dans les
services. C’est le cinquième appel à la
grève déposé par l’union syndical (CGT,
CFDT, FO, UNSA, Sud) depuis janvier.
Mais depuis le début du mois de mai,
les mobilisations se sont accrues. Le
12 mai, les syndicats du CHU de Tours
se sont mis en grève pendant deux
heures. Le 18, le mouvement s’est
poursuivi à Paris. « Nous demandons
l’abrogation du plan d’économie qui nous
a été imposé par la direction, et qui
prévoit à terme, la suppression de 29
postes par an, » affirme Claire Delore,
déléguée CGT du CHU.
« On nous dit
qu’il y a un déficit chaque année. Aujourd’hui
que ce n’est plus le cas, un tel
manque de personnel n’est plus
admissible. Cela devient dangereux pour
les patients. De plus, il faut savoir qu’à
chaque départ en retraite ou à chaque
congé maternité, il y a ce fameux mois de
carence, durant lequel il n’y a aucun
remplacement. Le personnel se retrouve à
devoir jongler entre ses patients et un
planning qui change continuellement. Et
ce, sans que l’on ne soit prévenu à
l’avance, alors que la loi l’oblige. Tout ne
devrait pas se résumer à une simple question
de budget, mais bien à celle de l’individu,
» renchéri-t-elle. Le budget, sans
doute le maître mot de ces tiraillements
internes. Déficitaire jusqu’en
décembre 2009, le CHU de Tours, dont
la dircetion par intérim est assurée
pour l’instant par Hubert Garrigue-
Guyonnaud, a réussi la prouesse d’un
retour à l’équilibre budgétaire. L’excédent
avoisinait 1,3 million d’euros à la
fin du mois mars. Des résultats
obtenus, selon la direction, grâce aux
restructurations, à une augmentation
de l’activité et à la hausse tarifaire. Une
gestion assumée, qui représente une
pilule difficile à avaler pour les
syndicats : « Le CHU est bénéficiaire,
mais pour nous, rien ne change. Le
personnel est sans cesse appelé à
travailler sur ses jours de congés. Nous
acceptons, car nous avons le souci de nos
patients et surtout une conscience professionnelle,
» déclare Jean-Claude Hebras,
secrétaire adjoint de FO. La direction,
elle, campe sur ses positions : « Depuis
la mise en place de ce nouveau mode de
fonctionnement, un suivi régulier est mené
avec les équipes de travail pour ajuster les
organisations, corriger les dysfonctionnements
éventuels ou acquérir un matériel
manquant, assure Patrick Faugérolas,
directeur de communication du CHU.
Les grèves traduisent des tensions
inhérentes à tous les établissements hospitaliers.
L'hôpital est organisé et continue
d'assumer ses fonctions.» La nomination
imminente d’un nouveau directeur
appaisera-t-elle les tensions ?
Augustin Legrand
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