Charte de la diversité : une dizaine d'entreprises s'engagent 0
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Publié le jeudi 03 décembre 2009 par : Tribune

Catégories : économie

 Lutter contre les discriminations au travail des candidats issus de la diversité, que ce soit pour leur couleur de peau, leur sexe, leur handicap ou leur âge... La commune de St-Jean-de-la- Ruelle (16 500 habitants), pilotée par Christophe Chaill... Lutter contre les discriminations au travail des candidats issus de la diversité, que ce soit pour leur couleur de peau, leur sexe, leur handicap ou leur âge... La commune de St-Jean-de-la- Ruelle (16 500 habitants), pilotée par Christophe Chaillou, maire socialiste, est la première ville du Loiret à signer la Charte de la diversité, lancée en 2004 au plan national, ce jeudi 3 décembre. Un coup de pub ? «Non, c’était un engagement de campagne du maire d’agir avec les entreprises locales pour une meilleure représentation du pluralisme de la ville», rappelle Samuel Attia, responsable de la communication. Par le biais de ce document hautement symbolique, la commune invite les 300 entreprises de son territoire à garantir la promotion et le respect de la diversité dans leurs effectifs. «Ce doit être une démarche volontaire, il n’y aura pas de gendarme», indique Samuel Attia. Et c’est sans doute la principale limite de la démarche... «Ce n'est qu'une première étape, il y aura un groupe de suivi, constitué de représentants de la ville et de signataires du monde de l’entreprise. Il va falloir apprécier d'où viennent les gens recrutés», souligne toutefois Marceau Villaret, adjoint à la vie des quartiers, à l’insertion et à la citoyenneté. Pour l’heure, 10 entreprises de secteurs variés (bâtiment, grande distribution, alimentaire, environnement, informatique...) se sont engagées dans la démarche. «Globalement elles sont toutes favorables mais nous avons quand même reçu un mail, anonyme, d'un réticent... » Tout est parti d’un constat, «mis en lumière par le film “Parcours et trajectoires, nos vies en question”, réalisé par une dizaine de jeunes de la commune il y a deux ans», indique Marceau Villaret. Des jeunes de 16 à 25 ans, pour la plupart issus de Zones urbaines sensibles, qui se sont heurtés à la dure réalité d’envoyer des dizaines de CV et lettres de motivation sans obtenir, ou très peu, de réponses. Une encore trop large partie d'entre eux vient encore grossir les rangs des 1138 demandeurs d'emploi de la commune (au 15 novembre, soit 642 hommes et 496 femmes). «Ils témoignent de leurs difficultés par rapport à l’orientation, à l’emploi, aux stages... St-Jean-de- La-Ruelle est une ville de la diversité, nous avions besoin de donner un signe fort pour amener les entreprises à réfléchir sur leurs recrutements», explique Marceau Villaret. Elisabeth Médina, responsable du pôle jeunesse et développement social des quartiers, connaît bien le problème et résume les freins des jeunes avec le monde de l’entreprise : «La grande difficulté c’est celle des réseaux et du parrainage. Quand on habite en habitat social, avec des parents parfois au chômage, on n’a pas forcément le carnet d’adresses adéquat, les possibilités d’immersion en entreprise sont plus compliquées et la crainte est démultipliée. A ce titre, la charte peut faire bouger les choses, en sensibilisant les entreprises, à condition qu’il y ait un gros travail derrière.» L'Union des commerçants et artisans stéoruellans (30 adhérents) fait partie des signataires : «Personnellement j'ai un petit commerce et je ne génère pas beaucoup d'emplois mais dans les métiers de bouche, où il y a un besoin d'apprentis et de vendeurs, il y a encore beaucoup à faire pour la diversité, notamment en ce qui concerne l'emploi des seniors», témoigne Nelly de Brezé, présidente de l'UCAS. Christophe Guillois, président de l'Association des entreprises de La Chapelle-St-Mesmin, Ingré et St-Jean-dela- Ruelle (Adelis), explique pourquoi les 500 entreprises qu'il représente (soit 5000 emplois) ont aussi choisi de s'engager dans la démarche : «Ce qui nous motive c'est que les jeunes issus de l'immigration sont nos futurs collaborateurs, à nous de les épauler ! Mais il s'agit aussi de faire comprendre à certains qu'il y a des règles et des horaires à respecter en entreprise. La diversité nous la faisons déjà tous les jours mais il reste à progresser, notamment sur l'emploi des handicapés. La majorité préfèrent payer une amende, souvent par méconnaissance de la législation.» L'initiative, séduisante sur le papier, doit désormais se traduire par des faits concrets. Le cas échéant, elle pourrait faire des émules dans l'agglo. Ingré, entre autres, réfléchit à porter une démarche similaire.

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