Centre d'enfouissement : Bucy-St-liphard poursuit le combat 0
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Publié le jeudi 19 novembre 2009 par : Tribune

Catégories : environnement

 La bataille juridique se poursuit autour du centre d’enfouissement de Bucy-Saint- Liphard (210 habitants), en fonction depuis lundi 16 novembre. Les habitants ne veulent toujours pas d'une montagne de déchets aux portes de la commune, sacha... La bataille juridique se poursuit autour du centre d’enfouissement de Bucy-Saint- Liphard (210 habitants), en fonction depuis lundi 16 novembre. Les habitants ne veulent toujours pas d'une montagne de déchets aux portes de la commune, sachant que le centre est doté d'une capacité de 100 000 tonnes de déchets ultimes par an, sur 11 hectares et que le dôme s'élèvera à 25 mètres. Et la grogne n’est sans doute pas prêt de s’arrêter tant il est probable que les parties concernées fassent appel de la décision du tribunal administratif d'Orléans. D’un côté, les riverains continuent d’agiter le spectre des pollutions et des nuisances. D’un autre, la Setrade (filiale de Véolia), en charge du chantier débuté le 15 juillet dernier, met en avant le besoin de stockage, inscrit dans le plan de gestion des déchets du Loiret. Le tribunal administratif d’Orléans a examiné deux recours, mardi 10 novembre, visant le permis d’exploitation délivré par la préfecture. Le jugement est mis en délibéré au mardi 24 novembre mais, déjà, le rapporteur public a battu en brèche la plupart des arguments des communes de Bucy- Saint-Liphard et de Huisseau-sur-Mauves, ainsi que des associations Mauves Vivantes et Les amis de la forêt de Bucy, réunis autour du mouvement de protestation. «Nous ne sommes pas tellement optimistes car souvent le juge suit le rapporteur», reconnaît Jean-Louis Posté, président des Mauves Vivantes et ancien responsable de centres de stockage de déchets. «Mais nous ne baisserons pas les bras !», insiste Pierre Brechenmacher, maire de Huisseau-sur- Mauves (1600 habitants). Depuis plus de dix ans, le projet de centre d’enfouissement suscite la colère des riverains et des associations environnementales. Il est prévu qu'il fonctionne pendant 12 ans avec «5 ou 6 salariés», annonce la Setrade, en complément des centres existant, à Chevilly (55 000 tonnes/an) et St-Aignan-les-Gués (50 000 tonnes/an). Et, aussi, pour pallier la fermeture en 2004 du site de Mézières-lez-Cléry (100 000 tonnes/an), arrivé à saturation, et de celui de Saint-Laurent (Loir-et-Cher ; 50 000 tonnes/an) en 2009 : «ce dernier centre recevait pour moitié des déchets du Loiret», précise Laurent Abry, directeur valorisation organique et stockage chez Véolia. «Nous savons qu’il faut mettre les déchets quelque part mais l’endroit (en bordure de la N154) n’est pas approprié, il y a la nappe de Beauce juste en dessous et les Mauves sous-terraines», rappelle Yves Pinsard, maire de Bucy-Saint-Liphard et président de l’association Les Amis de la forêt de Bucy. Sauf que la commune est idéalement située : proche de l'agglo d'Orléans et entre le centre de tri de Chaingy et l’incinérateur de Saran… Véronique Hodin, secrétaire de l’association Les Amis de la forêt de Bucy, pointe trois problèmes : «les camions qui vont circuler sur la route nationale, le bruit et l’odeur pour les habitants de Bucy, en particulier pour les 16 pavillons du hameau de l’Hermitage à 600 mètres. Et, surtout, le risque de pollution.» Jean-Louis Posté est du même avis. Selon lui, le risque pour le captage d’eau de Huisseau n’est pas nul, vu le sous-sol karstique. Laurent Abry, porte-parole de Véolia, réfute un à un les arguments avancés : «Le centre recevra des matériaux qui ne peuvent pas être valorisés en centre de tri, des déchets trop petits ou des matériaux agglomérés. On réserve aux déchets des alvéoles qui sont des cages étanches pour du stockage définitif. Le tout sera protégé par une membrane, soudée et contrôlée, en géotextiles résistant aux agressions chimiques et surmontée par un système de drainage.» Il souligne aussi que l’épaisseur d’argile du sous-sol a été renforcée d’un mètre supplémentaire par rapport à ce qu’impose la loi. «Quant au bruit, il y a déjà la route nationale... Et pour les odeurs, nous avons prévu de récupérer le biogaz qui sera détruit dans une torchère.» Les associations, elles, ne croient pas dans une décharge parfaite. «Il y aura forcément des pots de peinture et des huiles ! Je suis sûr que ça se retrouvera dans la rivière car les géomembranes sont détruites en cas d’affaissement et de feu, ce qui est fréquent», insiste Jean-Louis Posté, «sidéré» que le rapporteur public ait appuyé son argumentation sur une jurisprudence de la Cour d’appel de Marseille «laquelle avait donné raison aux détracteurs d’un centre d’enfouissement dans l’Hérault !» Sans attendre, Yves Pinsard assure son intention d’aller «jusqu’au bout», malgré le sentiment d’être lâché par la plupart des élus locaux. Lors du premier permis de construire, les deux mairies concernées avaient interjeté appel et la Cour d’appel de Nantes avait, finalement, annulé le permis de construire en août 2008. Un second avait été

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