Canicule : coup de chaud dans l'agglo ! 0
Publié le lundi 12 juillet 2010 par : Tribune
Les fortes chaleurs impactent la majorité des secteurs d’activité dans l’agglo d’Orléans. L’hôpital transpire, le BTP bouillonne, la prison surchauffe. Les maisons de retraite, elles, chérissent la climatisation... L’un des principaux changements depuis 2003.
Pas encore de canicule, au sens officiel, mais le mercure est monté jusqu’à 35°C vendredi 2 juillet à Amilly et 31°C à Orléans, selon Météo France. Surtout, la température atteignait déjà 19,1°C vendredi matin à Bricy, 21,4°C à St-Jean-de-la-Ruelle. Rien à voir avec les records de juillet (38°C le 1er juillet 1952) mais de quoi plomber l’atmosphère et déclencher des mesures préventives dans l’agglo. Tour d’horizon des principaux secteurs d’activité. Commerces. Dans les commerces et bureaux, hormis les terrasses de café qui se frottent les mains, il faut souvent trop chaud pour travailler! C’est le message qu’ont fait passer les salariés du magasin de prêt-à-porter H&M, place d’Arc à Orléans, en débrayant vendredi 2 juillet après-midi. Au coeur de la grogne : la chaleur insupportable, en pleine période de soldes, et plusieurs malaises de clients. La gérante du magasin tempère : «les spots lumineux chauffent et la surface de vente n’était pas étudiée pour faire face aux fortes chaleurs. Mais la clim’ est arrangée et c’est mieux aéré!» L’Agence pour l’amélioration des conditions de travail ne dispose pas d’étude sur la proportion d’entreprises équipées de climatisation mais renvoie vers son site Internet (anact.fr) pour des conseils pour travailler par forte chaleur. Bâtiment. Les salariés du BTP sont les plus exposés au coup de chaleur. «Nous avons récemment rappelé à nos adhérents que si le travail par grande chaleur et/ou en plein soleil est à l’origine d’accidents ou de malaises entraînant un accident, la responsabilité de leur entreprise sera appréciée par rapport aux mesures de prévention et d’organisation du travail qui auront été prises», souligne Marc Jourdren, secrétaire de la Fédération du bâtiment dans le Loiret. Sur les chantiers, l’employeur a pour obligation de mettre «à la disposition du personnel de l’eau potable et fraîche pour la boisson, à raison de 3 litres au moins par jour et par travailleur». Dans les faits, les conditions restent difficiles. Ainsi, sur le chantier du tram à Orléans, les deux équipes qui se relaient de 6h à 13h30 et de 13h30 à 21h bénéficient d’une «cargaison de glacières». Mais il n’est pas possible de travailler en décalé, en raison des délais à tenir «et des nuisances sonores», précise-t-on au Point Info Tram. Maisons de retraite. Depuis la canicule de 2003 qui a entraîné 15 000 décès en France selon les estimations officielles, «toutes les maisons de retraites dans le Loiret disposent de pièces rafraîchies», assure Ségolène Chatelin, chargée de la communication à l’Agence régionale de santé (ARS) du Centre. L’ARS précise que tous les établissements ont mis en place un «plan bleu», fixant le mode général d’organisation en cas de crise. Ainsi à Olivet, la maison de retraite publique de La Mothe s’est dotée d’une salle réfrigérée en 2004: «les choses ont changé, dès que nous avons trois jours de chaleur, c’est boissons obligatoires et les résidents viennent dans la salle climatisée, c’est entré dans les moeurs», résume Bernadette Riballet, cadre de santé. Les communes ont aussi leur plan canicule. A Olivet, la mairie prend les devants depuis 2007, sans attendre le niveau 2 du plan canicule, déclenché par le préfet lorsque la température atteint les 34°C trois jours de suite sans retomber sous les 19°C la nuit. «Nous recensons les plus de 65 ans et handicapés et nous leur téléphonons pour vérifier qu’ils vont bien, en lien avec la police», explique Séverine Vieugué, chargée du dispositif. 109 habitants figurent sur la liste. A Orléans, Alexandrine Leclerc, adjointe à la solidarité, estime que le dispositif communal «s’améliore chaque année». Comme à Olivet, les habitants de plus de 65 ans sont recensés sur les listes électorales. Ceux qui le souhaitent sont inscrits afin de bénéficier d’une surveillance particulière. 700 habitants y figurent actuellement. Hôpital. Le CHR d’Orléans n’est pas épargné par la chaleur. Porte Madeleine, à la maternité seul le bâtiment de pédiatrie, le bloc gynéco-obstétrical et les salles de naissances sont climatisés. A La Source, le bloc opératoire, la stérilisation, les soins intensifs et la réanimation le sont aussi et le bâtiment de consultations est «rafraîchi». Les autres services doivent composer et il peut faire très chaud dans les chambres, en attendant de déménager sur le site du nouvel hôpital (NHO) à La Source à l’horizon 2015. «Dans le nouvel hôpital, les mêmes services seront climatisés mais la totalité des locaux seront rafraîchis», explique Artus Paty, directeur de projet du NHO, c’est-à-dire que la température, sans être fixée précisément, sera inférieure d’environ 10°C par rapport à celle de l’extérieur. Prison. A la maison d’arrêt d’Orléans, la chaleur échauffe les esprits sachant que les détenus sont, en moyenne, 3 par cellule de 8,5 m2. «La période devient plus difficile, d’autant que le ramadan va commencer (en août)», témoigne Aymeric Regneau, surveillant pénitentiaire et secrétaire local du syndicat UFAP. «Nous n’avons pas les moyens humains pour leur permettre de prendre plus de douches pour se rafraîchir par exemple.»
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