Bataille politique autour de l'école de la deuxième chance 0
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Publié le jeudi 05 novembre 2009 par : Tribune

Catégories : politique

 Le projet d’école de la deuxième chance (E2C) dans l’agglo d’Orléans est dans les tuyaux mais il suscite la polémique. La Ville d’Orléans porte l'initiative et, depuis le conseil d’AgglO de jeudi 22 octobre, St-Jean-... Le projet d’école de la deuxième chance (E2C) dans l’agglo d’Orléans est dans les tuyaux mais il suscite la polémique. La Ville d’Orléans porte l'initiative et, depuis le conseil d’AgglO de jeudi 22 octobre, St-Jean-de-la- Ruelle est aussi candidat. Le dossier est entre les mains de l’Etat. A quelques mois des élections régionales, le 14 mars 2010, la bataille est on ne peut plus politique. Fondées en 1995 par Edith Cresson, alors commissaire européenne, les «E2C», destinées aux jeunes sortis du système scolaire sans diplôme, figuraient dans le programme de campagne de Nicolas Sarkozy lors des présidentielles de 2007. Il s’est engagé à en créer une par département... A l'échelle de la région, chaque département ambitionne d'avoir son école. Mais dans le Loiret, deux projets sont dans les startingblocks. D’un côté, la Ville d’Orléans porte un projet d’E2C, officiellement depuis le début de l'année, rue des Anguinis à Saint-Jean-Le-Blanc, à la place de l’ancien collège Étienne Dolet. Elle s’adresserait à une centaine de jeunes du Bassin d’emploi d’Orléans, sortis du système éducatif sans qualification ni emploi. Le projet est soutenu par l’AgglO. D’un autre côté, l’association ACM Formation de La Source revendique la paternité du projet. «Nous avons déposé une demande à la Région le 5 septembre 2008. Florent Montillot (adjoint à la sécurité d’Orléans) a déposé aussi une demande mais le 9 février 2009», rappelle Abderrahim Ghbabra, directeur (socialiste) d’ACM Formation, visiblement fâché. «Il nous a proposé d’intervenir comme prestataire sur l’axe de l’illettrisme et de la pédagogie. Je lui ai expliqué qu’on ne pouvait pas ramener les olives, un autre les tomates et lui faisait sa salade avec ça. Il veut compléter ses dispositifs existants alors que pour nous, piloter ce dispositif c’est un prolongement de nos compétences, depuis 19 ans nous aidons les publics en difficulté !» Sauf que statutairement, une collectivité doit porter le projet. Ainsi, le soutien de St-Jean-de-la-Ruelle rebat les cartes. Christophe Chaillou, maire (PS) de la commune, dit souhaiter un terrain d'entente mais regrette l'attitude «d'exclusion et de fermeture» de la ville d'Orléans. «Depuis 18 mois Orléans travaille sur son projet et Florent Montillot n'en a jamais parlé! Je regrette ces blocages sur un aussi beau projet, c'est ce qui m'a conduit à marquer mon désaccord.» Le sénateur (PS) Jean-Pierre Sueur va plus loin : «Comme pour les régies de quartier, nous sommes dans des logiques de prises de pouvoir ! Le système Montillot est tentaculaire autour d’une idéologie sécuritaire.» Florent Montillot dénonce «un jeu malsain, cousu de fil rose» et Alexandrine Leclerc, adjointe (MoDem) à la so-lidarité à la mairie d’Orléans, se dit «blessée» par la polémique. «On oublie pourquoi nous voulons cette école ! Notre objectif d’ouvrir en mars 2010 sera tenu. ACM a des compétences, ça nous paraît une solution correcte que l'association travaille avec nous.» Dans le détail, ACM envisage son école à l’échelle du Loiret pour accompagner «entre 80 à 100 personnes par an pendant 9 mois, sur un public entre 20 et 30 ans car nous pensons qu’à 17 ans le public est encore jeune… Nous sommes en capacité d’ouvrir début janvier !» Le projet d’Orléans se destine, lui, à des jeunes de 17 à 25 ans, sur le bassin orléanais «mais si un jeune de Montargis nous est envoyé, la porte ne sera pas fermée», indique Alexandrine Leclerc. Le budget de fonctionnement annuel est évalué à 602 000€, subventionné par la Ville, la Région, l'Etat et des fonds européens. La préfecture du Loiret ne souhaite pas communiquer sur ce sujet tandis que le conseil régional joue la montre en se retranchant derrière l’E2C de Tours, mandatée pour réaliser une étude de faisabilité des deux projets. François Bonneau, président (PS) du Conseil régional, dit examiner actuellement plusieurs propositions à l’échelle de la Région : «A Orléans, les deux projets seront évalués, Tours n’a pas encore arrêté son expertise, ça va se faire dans les prochains jours. Mon sentiment c’est qu’il faut un projet identifié, qui rassemble l’ensemble des structures à l’échelle de l’agglomération et pas un projet qui soit le produit d’oppositions !» Problème : l'école de Tours assure que son expertise est terminée et remise à la Région. Pressentant sans doute le piège, le Conseil général ne souhaite pas prendre parti : «nous ne sommes pas du tout impliqués ni dans l'un ni dans l'autre des projets.»

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