Baisse des subventions : les festivals du Loiret résistent mal à la crise 0
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Publié le mercredi 13 juillet 2011 par : Tribune

Catégories : société

La période estivale rime avec celle des festivals, dont le nombre croit chaque année (266 dans le Loiret).Mais beaucoup subissent les restrictions budgétaires des collectivités, parfois associées à une baisse de fréquentation.

«Depuis plusieurs années, il y a un plafonnement des aides publiques, alors que le coût du spectacle et des prestations augmentent, phénomènes qui ne sont pas compensés par la billetterie», explique...

«Depuis plusieurs années, il y a un plafonnement des aides publiques, alors que le coût du spectacle et des prestations augmentent, phénomènes qui ne sont pas compensés par la billetterie», explique Patrice Douchet, metteur en scène et directeur artistique du Théâtre sur l’Herbe. Pour ces deux dernières éditions, le budget de ce festival est resté le même, soit 130 000€. De même, en 2011, le festival de Jazz d’Orléans a vu son budget baisser de 3% pour passer sous la barre des 500 000€. «C’est un choix politique. Tous les événements de la ville ont vu leur budget diminuer de 3 à 5%. Nous souhaitons modérer nos dépenses, pour garder une marge de manoeuvre face au désengagement de l’Etat et du Conseil Général», affirme Éric Valette, adjoint à la culture d’Orléans. 

Avec plus de 20 millions d’euros annuels, soit 14% du budget de la ville, la culture reste d’ailleurs le deuxième domaine de dépense orléanais. Côté fréquentation, si celle-ci continue de progresser pour les gros festivals (+20% pour Orléans’jazz en 2011), les petites manifestations connaissent en revanche une désaffection du public. «En moyenne, les gens ne vont plus qu’à un seul concert par an au lieu de trois les années précédentes», confirme le président de l’Office Municipal pour la Culture et les Loisirs de Saint-Denis-en-Val, Jean Pierre Meunier. Ainsi, la dixième et dernière édition du Saint-Denis Jazz Festi’Val a vu sa fréquentation baisser de 10% par rapport à 2010. Subventions à la baisse, fréquentation en berne : la peur de voir une baisse de la qualité de la programmation se fait sentir chez les organisateurs. «C’est un fait que le public est toujours attiré par ce qui est le plus visible mais, sur le festival de Jazz d’Orléans, nous essayons de mélanger une programmation exigeante et plus populaire pour que tout le monde s’y retrouve», remarque Éric Valette.

Patrice Douchet est plus inquiet: «Il ne faut pas paupériser la culture. Nos spectateurs sont habitués à une qualité et un niveau d’exigence qu’il est hors de question de remettre en cause». Sans compter que pour attirer un public nombreux, la communication, si elle est primordiale, a un coût. «Le budget du festival de jazz de Saint-Denis-en-Val est de 35 000€ dont un tiers sert à la communication», continue Jean-Pierre Meunier.

Et, même si l’argent reste le nerf de la guerre, certains programmateurs souhaitent conserver des tarifs attrayants sans sombrer dans le mercantilisme. Car il y a encore une véritable différence entre une entrée à un concert de Johnny Halliday, dont les tarifs évoluent de 60€ à 200€, et le spectacle son et lumière de Cléry-Saint-André et ses 160 figurants, au tarif de 16€. Le département du Loiret était d’ailleurs en 2009, le département de la région comptant le plus de festivals à entrées libres : sur les 266 manifestations enregistrées, 40% étaient gratuites.

JÉRÉMY PARARD


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