Avelino Vallé : «Comment je suis devenu franc-maçon» 0
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Publié le jeudi 12 février 2009 par : Tribune

Catégories : Actualités

À 63 ans, Avelino Vallé tente de tordre le cou aux idées reçues contre les francsmaçons. Elu de l'opposition orléanaise, il est par ailleurs et jusqu'en septembre prochain une sorte de ministre des Affaires étrangères du Grand O...

À 63 ans, Avelino Vallé tente de tordre le cou aux idées reçues contre les francsmaçons. Elu de l'opposition orléanaise, il est par ailleurs et jusqu'en septembre prochain une sorte de ministre des Affaires étrangères du Grand Orient de France. Il en est en effet le Grand secrétaire aux affaires extérieures. Ce fils de républicain espagnol a été façonné par une double culture et a été conscient très jeune du problème des immigrés. Arrivés en France en 1939, «mes deux parents sont passés par les camps d'Argelès avant d'entrer dans la résistance française à Ouzouer-le-Marché», commente celui qui est né le 8 mai 1945 à Orléans. «On dit que les Beaucerons sont des gens redoutables mais là, ils furent extraordinaires... » Descendant d'une famille décimée par la guerre - il est l'arrière-petit-neveu de Lluís Companys, qui fut président de la Généralité de Catalogne-, Avelino Vallé porte en lui l'héritage de ceux qui sont morts pour leurs idéaux. Comme la plupart des immigrés espagnols de cette époque, sa famille venait d'un milieu favorisé et son père, qui finissait ses études d'architecte, fût obligé de travailler dans l'agriculture avant de s'installer à Orléans comme conducteur de travaux.

Les cinq enfants de la famille Vallé firent leurs humanités dans la cité johannique. «Je suis allé au lycée Pothier, où par la suite, j'ai enseigné» explique Avelino Vallé. «Je voulais faire sciences po mais il fallait passer par les instituts d'études politiques.» Un parcours obligé pour qui veut aller loin, «de droite comme de gauche, il faut faire partie de la caste. L'ascenseur républicain est en panne mais a-t-il un jour fonctionné ?» Pourtant, la politique est un domaine dans lequel Avelino Vallé a grandi, car son père fût le dernier secrétaire du Parti socialiste ouvrier espagnol. Ce sera ensuite la SFIO- Section française de l’internationale ouvrière-. «J'ai toujours baigné dans un milieu de gauche humaniste et dans le respect des autres» explique celui qui dit être venu à la franc-maçonnerie naturellement. Élu en 1971 à Orléans, c'est au sein du conseil municipal qu'il a rencontré pour la première fois les maçons dont René Thinat. «La politique avait ses limites, j'avais d'autres ambitions» ajoute celui qui est progressivement entré au Grand Orient mais qui laisse subsister un flou quant à la date exacte à laquelle son rituel à commencé. Dès le départ, Avelino Vallé a cependant prévenu sa femme -les sorties nocturnes pouvant éveiller d'autres soupçons chez une épouse...- mais n'en a fait part à ses enfants que bien plus tard pour les protéger d'éventuelles remarques. Un engagement que celui qui a été longtemps directeur marketing dans une grande société, a préféré taire au sein de sa sphère professionnelle. Pour le grand public, difficile en effet de détacher la francmaçonnerie du secret. Celui-ci est pourtant de l'ordre de l'intime. Chacun a un parcours différent. Impossible à comprendre pour celui qui n'a pas été initié. «Moi, j'ai toujours été pour l'extériorisation mais il y a plusieurs écoles» indique Avelino Vallé. Pour lui, il y a toujours eu une sorte de paranoïa venant de l'extérieur, soupçonnant l'affairisme.

«Cela pourrait faire rire certains au Grand Orient de France ! L'affairisme il y en a parcontre dans d'autres obédiences...» admet l'élu d'opposition orléanais. Quant à l'entraide, il n'y en a ni plus ni moins que dans une association. Toujours est-il que dans ses rangs, le Grand Orient compte des UMP et des PS. Tous peuvent se parler en toute liberté, en laissant les partis à la porte du temple, pour ne s'occuper que la politique au sens premier du terme. Idem pour la religion. «Le courant philosophique du Grand Orient se situe plutôt à gauche, très laïc et républicain. Rien n'est incompatible, on accepte tout le monde, toutes les idées qui peuvent rentrer dans la République.» Il ne s'agit donc pas d'être coopté pour devenir franc-maçon mais plutôt d'une démarche individuelle par les livres mais aussi par Internet. Aujourd'hui, celui qui appartient à la loge Étienne Dolet -qui existe depuis 1902 et qui compte une centaine de maçons- a compris que la franc-maçonnerie est une école du doute et qu'une bonne tenue est celle dont l'on ressort bouleversé dans ses certitudes. «La franc-maçonnerie m'a beaucoup apporté à l'époque où je ne pouvais pas trop lui rendre la pareille»,souligne celui qui fût vénérable de sa loge et qui siège au conseil de l'ordre. Avec un âge moyen de 56 ans dans sa loge orléanaise, le Grand Orient, jusqu'alors exclusivement réservé aux hommes, cherche à susciter de nouvelles vocations. Selon Avelino Vallé, il devrait s'ouvrir aux femmes, «c'est une nécessité.» Pour ce qui est des projets de ce grand voyageur, il répond modestement : «Etre de nouveau grand-père». Car pour lui, le plus important reste l'homme.


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