Amazon, le géant du e-commerce confronté à un climat social tendu 0
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Publié le jeudi 14 janvier 2010 par : Tribune

Catégories : économie

 Ce n'est pas la Banque de France mais ça y ressemble ! L'entrepôt saranais du géant américain Amazon, spécialisé dans la vente en ligne de produits culturels et de loisirs, en pleine croissance, est sous haute surveillance. Parallèlement aux nouv... Ce n'est pas la Banque de France mais ça y ressemble ! L'entrepôt saranais du géant américain Amazon, spécialisé dans la vente en ligne de produits culturels et de loisirs, en pleine croissance, est sous haute surveillance. Parallèlement aux nouvelles embauches et aux résultats exponentiels de l'entreprise, 800 000€ de bénéfices fin 2007, 1,5 million d'euros fin 2008, «et plus en 2009 vu le volume d'activité, on sait qu'on enregistre entre 30 et 40% de commandes supplémentaires par trimestre», estime Sébastien Boissonnet, cariste et délégué Force Ouvrière (FO), Amazon reste en proie à un conflit social latent. «La direction est sur les dents depuis quelques semaines», glisse un salarié de l'entreprise, «le site est interdit à la visite, surtout aux journalistes». Contactée à maintes reprises, la direction reste hermétique. Le maire (PCF) de Saran, Michel Guérin, confie, lui aussi, ne plus avoir de contacts avec l'entreprise : «ils travaillent en milieu fermé...» Amazon continue pourtant de mener des projets. Les salariés ont appris récemment que le site actuel, saturé pendant les périodes de fêtes, allait en 2010 s'agrandir de quatre «cellules», en plus des huit existantes qui représentent 46 000m2. Une information confirmée puisque dans le cadre du projet limitrophe de la future Zone d'Activités Economiques (ZAE) de Gidy (39,5 hectares), portée par le Conseil général du Loiret, Amazon a déposé un permis de construire. Mais selon plusieurs salariés, parallèlement aux bons résultats enregistrés par Amazon.fr, le climat social se dégrade à l'intérieur des murs. «En 2000 à Boigny-sur-Bionne, nous étions 80 salariés, c'était encore une société familiale. Au fur et à mesure depuis le déménagement, les objectifs de productivité ont augmenté, le dialogue avec la direction s'est tendu et les conditions de travail se sont dégradées», témoigne un salarié sous couvert de l'anonymat. Actuellement, Amazon compte quelque 535 salariés en CDI et CDD sur son site de Saran, plus entre 700 et 800 intérimaires lors des pics d'activités, entre 300 et 400 en temps normal. La moyenne d'âge tourne autour de 30 ans. Une intérimaire raconte : «J'ai travaillé quatre mois chez Amazon, c'était horrible ! En packaging, je devais faire une centaine de colis à l'heure et ma chef me mettait la pression. Et quand j'étais “picker” c'était usant, je parcourais des kilomètres sans avoir le droit de parler dans une immense bibliothèque.» Sans parler de la sonnerie qui indique la pause : «c'est chronométrée, en gros on a 5 minutes.» Mickaël Soullier, représentant FO au comité d'entreprise et délégué du personnel confirme : «tout est contrôlé, il y a un énorme flicage.» Et, goutte d'eau qui a fait déborder le vase, sachant qu'un salarié 1er échelon (80% des effectifs selon FO) gagne en moyenne 1100€ net par mois, la prime d'objectif trimestrielle, pouvant théoriquement atteindre 488€, est «subitement» tombée de 148€ à zéro le 28 décembre dernier. A l'appel du syndicat FO, une cinquantaine de salariés en colère ont débrayé le 29 décembre. La seconde grève de l'histoire du site, après celle du 15 décembre, relative au niveau des salaires. «Nous ne trouvions pas ça correct qu'on nous annonce que la prime était sucrée deux jours avant la fin du trimestre. Tout le monde s'était beaucoup investi, on a l'impression qu'on nous prend pour des cons», déplore Sébastien Boissonnet. Le directeur européen s'est rendu sur le site pour tenter une sortie de crise. Il y est à moitié parvenu : «il n'y a pas eu de négociation avec le syndicat, on nous a annoncé (jeudi 7 janvier) qu'une prime d'intéressement de 116€ serait payée fin janvier.» Un cadre de l'entreprise confie que «beaucoup d'Amazoniens seraient prêts à sacrifier cette prime trimestrielle ainsi que la prime annuelle liée à l'évaluation des performances pour se voir attribuer un simple et unique 13ème mois...» Le syndicat FO envisage de tenir une assemblée générale, dans les prochains jours, pour faire le point sur les doléances des salariés.

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