Aéroport de Tours : risque de crash financier 0
Publié le jeudi 20 mai 2010 par : Tribune
Catégories : société
TRANSPORT // L’aéroport de Tours
est soumis à de graves pressions.
A« Si le conseil général d’Indre-Loire ne tient
pas ses engagements financiers, les salaires
des employés de l’aéroport de Tours en juin
ne pourront être réglés ! » Roger Mahoudeau,
président de la CCI Touraine, a choisi de jeter un
pavé dans la mare pour tenter de conjurer les
menaces qui pèsent sur l’avenir de l’aéroport de
Tours. Et c’est encore et toujours le positionnement
de Claude Roiron, présidente PS du
Conseil Général d’Indre-et-Loire, qui donne des
sueurs froides à Roger Mahoudeau. En
substance, il n'est pas question pour l'institution
de maintenir le financement de l'aéroport dans
les proportions actuelles. L’enjeu est de taille en
2009, l’aéroport de Tours qui héberge la
compagnie low cost Ryan Air a accueilli 115 000
passagers… Un chiffre en nette hausse par
rapport à 2008. Un véritable exploit et la deuxième
meilleure progression de fréquentation de
tous les aéroports de France. Avec au final, des
retombées économiques sonnantes et
trébuchantes pour la Touraine. Mais l’aéroport
de Tours, moribond au début des années 2000,
et ressuscité grâce à l’arrivée des lignes
régulières de Ryan Air aborde un virage crucial
pour son avenir. Au 1er juillet, une nouvelle
structure sera chargée de la gestion de la piste
tourangelle. L’appel d’offres a été lancé. Le Conseil
Régional va arriver en soutien.
Avec ce que
cela suppose de nouvelles turbulences politiques
entre PS et Verts, toujours réticents à l’égard
du transport aérien.
En attendant, la Semaval, la société d’économie
mixte jusque là chargée de l’exploitation de
l’aéroport va être dissoute. Et le conseil général
d’Indre-et-Loire qui était actionnaire à 33% de la
Semaval prend ses distances avec l’aéroport de
Tours. Un aéroport qui ne peut survivre sans les
généreuses subventions accordées par les
collectivités locales… De toutes les collectivités
locales. Pas question de voir s’évaporer à la
fin du mois de juin le soutien du conseil général
d’Indre-et-Loire. Et pourtant, au delà des calculs
politiques des uns et des autres, c’est cela qui
est en question. Signe de l’incertitude qui règne
au sein de l’Assemblée départementale, Claude-
Pierre Chauveau, conseiller général PS et patron
du groupe socialiste au CG37 vient de démissionner
de son siège de représentant au sein de
la Semaval. « Parce qu’il s’était engagé au nom du
conseil général 37 à tenir une stratégie telle qu’elle
avait été validé par le CG… et qu’au final, Claude
Roiron ne respecte pas ce qui avait été prévu, »
souligne t-on à la CCI. Ce qui est sûr, c’est qu’à
ce jour, le conseil général n’a pas acquitté sa cote
part de subventions à l’aéroport de Tours. Et les
salaires de mai, s’ils sont payés, le seront grâce au
mandatement qui vient d’être effectué par Tours
plus…Ambiance lourde. Tours plus, la CCI et le
conseil général doivent procéder à la liquidation
de la Semaval. C’était planifié de longue date et
cela nécessite de respecter de règles précises.
Pour Roger Mahoudeau, ne pas tenir aux dates
prévues ses engagements, revient à placer de
facto, l’aéroport de Tours « en situation de
cessation de paiement » Et les sommes en jeu
sont plutôt importantes. Les trois actionnaires
s'acquittent à égalité chaque année d'un versement
total de 342.000 euros et à cela, il faut
ajouter une subvention de 10 euros par passager
à Ryanair au titre du soutien à ses activités
marketing. Alors du côté du conseil général, on
se veut rassurant. Claude Roiron ne souhaite
pas monter personnellement au créneau sur
cette affaire. Et dans son entourage, on souligne
que « le conseil général tiendra naturellement ses
engagements à l’occasion de la liquidation sauf si
l’on découvrait des faits de mauvaise gestion ».
Même discours rassurant du côté d’Alain Dayan,
adjoint au maire PS de Tours et président de la
Semaval qui affirme qu’«il n’a aucun doute sur le
fait que le conseil général fera face à ses engagements
». Reste quand même la question à
200 000 euros… Ryanair ne tient sur place que
parce que les collectivités la soutiennent. Au 1er
juillet, la bouillonnante Claude Roiron sera plus
que jamais en campagne électorale pour les
cantonales de 2011 et plus que jamais tentée de
donner des gages à son électorat de gauche et
aux écologistes. Pas question de subventionner
les compagnies à low cost, c’est un argument
qui marche. Alors pour désamorcer le conflit,
Jean Germain, avait bien convaincu le Conseil
Régional d’entrer dans un schéma à deux étages.
On subventionne une société qui elle même va
soutenir financièrement Ryanair. C’est politique
et un brin « hypocrite » mais cela permet de
garder les « mains propres ». C’est ce schéma
que s’apprête à faire voler en éclats Claude
Roiron. En laissant à ses partenaires naturels le
soin de trouver des solutions… La CCI est
consternée à l’idée de devoir payer toujours
plus. Jean Germain est très inquiet de la
tournure des événements lui qui défend, depuis
des décennies, une stratégie de développement
autour du tourisme. Claude Roiron, de son
côté, s’affirme plus que jamais comme le pivot
politique incontournable de la Touraine. Avec
un risque majeur pour son image, car à ce jour,
le pouvoir de la présidente s’est d’abord exercé
dans le blocage ou la menace de blocage de
dossiers structurants – périphérique
nord-ouest, arrêts de subventions à l’enseignement
supérieur – que dans l’élaboration de
projets fédérateurs.
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