A l'approche des fêtes, les Halles en pleine effervescence 0
Publié le jeudi 17 décembre 2009 par : Tribune
Les coulisses des Halles Châtelet d'Orléans
sont en ébullition. A quelques jours de
Noël, la plupart des 35 commerçants, qui
embauchent plusieurs centaines de salariés et
pèsent entre deux et trois millions de chiffre d'affaires
réunis, selon une source interne, s'agitent
dans leurs laboratoires, à l'ombre des regards,
au sous-sol. Une vraie fourmilière dans le
«ventre» d'Orléans.
Même si tous se plaignent d'une baisse de leur
chiffre d'affaires «de 10 à 15%» cette année,
rapporte Olivier Bourreau, président des Halles
alimentaires, tous reconnaissent qu'ils ont une
clientèle fidèle et plutôt aisée. Ça aide... Tout
comme le rush de Noël qui représente +40%
d'activité pendant deux semaines. «Dans tous
les cas on ne rattrapera jamais les pertes, on a
vraiment ressenti la crise de février à avril et en
septembre-octobre», déplore Olivier Bourreau,
charcutier traiteur.
Mais pas question de relâcher la pression. Dès
4h du matin, «tout le monde est là et ça va aller
crescendo !», indique-t-il. «Là», c'est-à-dire dans
le dédale du niveau moins 1. A l'heure où
Orléans dort encore, dans les entrailles des
Halles, les chariots métalliques grincent, dans
un élan de bottes en caoutchouc et une
ambiance de petit Rungis. Le va-et-vient dans le
monte-charge est incessant, les camions se
succèdent place du Châtelet. «Chacun a ses
fournisseurs à droite à gauche, certains se fournissent
dans la région d'autres non», commente
Olivier Bourreau.
Dans son laboratoire, ses 22 salariés s'affairent.
Une dizaine de tonnes de denrées transiteront
entre le 22 et le 24 décembre. «Sur deux jours,
nous venons de faire 100 kilos de foie gras d'oie
et de canard. On déveine, on met au sel... Tout
est fait ici.» Un peu plus loin dans le couloir en
béton, le laboratoire de Denis Vauxion, boulanger-
pâtissier du Petit Duc. Une poche à douille
remplie de crème au beurre à la main, il
«bûche» de 4h à 20h pendant 15 jours, aidé par
20 salariés, apprentis et vendeuses compris :
«On va sortir 2000 bûchettes et 1000 bûches
sur deux ou trois jours ! Le 24 et le 31 c'est quatre
fois un gros samedi.» Et le mois de décembre
représente 20% du CA annuel.
En surface, Jacky Formont, poissonnier et
ancien acheteur international, est pendu au téléphone
: «c'est comme ça pendant dix jours. On
part à minuit à Rungis et on revient au petit
matin. Il faut préparer et anticiper les volumes,
les crustacés vont être multipliés par trois.» Et si
2009 n'a pas été terrible pour Jacky Formont qui
annonce «un peu moins de 10% de baisse»,
2010 sera pire à l'écouter : «il y a aura le contrecoup
de 2009 ! L'euro a tué les négociations et
a dopé les prix entre 20 et 30%. J'ai quitté le
carreau il y a huit ans alors que j'achetais la sole
à 15 francs... Des articles comme les sardines
ou le maquereau ont doublé !» La solution pour
faire face à la mondialisation ? «Faire du qualitatif
et fidéliser les clients.» Sans le folklore des
vieilles halles et des négociations au comptoir.
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