2012 s'annonce difficile pour l'industrie pharmaceutique 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Publié le jeudi 02 février 2012 par : Tribune

INDUSTRIE Avec 25% des exportations de la région Centre et 10.500 emplois, l'industrie pharmaceutique est l'un des acteurs majeurs de l'économie régionale. Entre la concurrence des pays émergents, l'augmentation des déremboursements de médicaments, et après le scandale Servier, 2012 s'annonce comme une année cruciale pour le secteur. État des lieux.

prévisualisation non-disponible«2012 sera une année difficile. On manque de visibilité à long terme», témoigne Eric Pelerbe, directeur de l'usine Isochem de Pithiviers (172 salariés, CA France 76 M€). «On y voyait plus clair l'année dernière à la même époque». Un vent de panique soufflerait-il sur l'industrie pharmaceutique, qui semblait jusqu'alors hermétique à la crise ? «C'est une industrie qui reste très solide en France, les emplois se maintiennent» relativise Fabien Riolet, le directeur de Polepharma. Ce cluster (pôle de développement), qui regroupe 130 entreprises des régions Centre, Normandie et de l'ouest de l'Ile-de-France, avec des noms aussi connus que Famar, Siemens, Merck et Glaxo Smithkline, y représente 20.000 emplois. «L'année dernière, 820 M€ d'investissements ont été réalisés par nos adhérents pour la modernisation et l'extension des usines ou de la recherche».

Le colosse pharmaceutique reste par ailleurs le premier secteur exportateur de la région (25%, contre 14,9% pour la cosmétique), avec un CA à l'export de 4,2 milliards d'euros en 2008. «Nous exportons au moins 60% de la production, principalement en Europe», confirme Éric Pelerbe.

Et selon le directeur de Polepharma, la fragilisation du secteur ne vient pas tant du contexte international «où la pharmacie est en pleine croissance», que d'autres facteurs comme une politique de santé «pas toujours couplée à une politique industrielle, avec une forte pression sur les prix», dénonce-t-il. «C'est plus facile de s'attaquer aux prix des médicaments qu'au problème de productivité des hôpitaux. Mais le déremboursement a un impact sur les emplois !»

Autre problématique à laquelle est confrontée le secteur : la montée en puissance de pays émergents qui mettent en place de manière concomitante une politique de santé et une industrie pharmaceutique. «Il y a un rééquilibrage entre l'Asie et l'Europe, mais c'est vrai qu'aujourd'hui encore, les Indiens et les Chinois sont capables de produire moins cher», reconnaît Fabien Riolet. «Les normes ne sont évidemment pas les mêmes !»

Un contexte hyper-concurrentiel, dans lequel l'industrie pharmaceutique pâtit de plus d'un déficit d'image, accentué l'année dernière par le scandale du Mediator, produit par les laboratoires Servier basés à Gidy. «Ça a fait un mal fou», analyse Fabien Riolet. «On avait réussi à redorer l'image de l'industrie pharmaceutique depuis deux ou trois ans, et ça a tout mis à terre. La chaîne des responsabilités était partagée entre l'industrie, les autorités de santé et les médecins, mais l'État en a tout de même profité pour faire de nouvelles baisses de prix sauvages sur les médicaments, et pour changer certaines règles du jeu». La porte du réseau Polepharma reste pour autant «grande ouverte» aux laboratoires Servier, qui n'en font pour l'instant pas partie. «C'est une belle entreprise, et j'espère qu'ils se remettront de cette crise».

Polepharma fête ses dix ans

130 entreprises adhérentes dont des noms prestigieux, 20.000 emplois : le réseau Pôlepharma, qui se déploie dans les régions Centre, Normandie et Ile-de-France, est l'un des acteurs majeurs de l'industrie pharmaceutique en Europe. Il a été mis en place en 2002 à Dreux. «C'est un éco-système», explique son directeur Fabien Riolet. «Laboratoires pharmaceutiques, fournisseurs, PME...nous travaillons tous avec le même objectif». Labellisé ''grappe d'entreprises'', Polepharma permet ainsi de mutualiser certains audits ou achats, ainsi que la formation, et d'accroître la visibilité des entreprises adhérentes. En 2008, Polepharma s'est également associé à deux autres réseaux pour créer PharmaValley, le premier bassin de production pharmaceutique en Europe, qui représente 50% de la production française.


Voir l'article complet